Jeunes entrepreneurs au Burundi

Du 29 janvier au 12 février 2018, j'ai effectué une mission au Burundi pour le RET - Refugee Education Trust - une ONG basée à Genève. Le RET est spécialisé sur l'éducation des jeunes réfugiés. Son mot d'ordre est “Protéger par l'éducation“.

L'instabilité politique a pris une tournure mortifère au Burundi à partir de 2015, quand le Président de la République a annoncé qu'il allait briguer un troisième mandat (normalement le Président de la république est élu pour un seul mandat renouvelable une fois). Les manifestations de rue ont dégénéré en combats extrêmement violents et des centaines de milliers de personnes ont fui dans les pays voisins, la Tanzanie, le Rwanda et la République Démocratique du Congo. Certains réfugiés reviennent dans le pays, mais la population est confrontée à une crise humanitaire dans laquelle se cumulent récession économique, insécurité alimentaire extrême et épidémie de paludisme.

 

 Le RET essaie de répondre à cette situation en aidant des jeunes burundais à créer des micro entreprises pour accéder à l'autonomie financière. Ma mission consistait à former des formateurs burundais capable d'accompagner et de guider les jeunes dans la création de micro entreprises.

 

Depuis 2008, j'ai développé des méthodes actives et coopératives pour ce type de formation et je les ai expérimentées avec succès en Egypte, en Haïti, au Tchad, en Afghanistan, en République Démocratique du Congo et ... au Burundi. J'ai écrit un manuel pour la formation des jeunes à la création de petites entreprises que je mets à jour à chacune de mes missions.

 

Je forme d'abord un groupe de formateurs, pendant cinq jours, puis je les accompagne sur le terrain dans l'animation de cours de formation pour les jeunes. Cela me permet de voir comment ils se débrouillent en situation réelle puis de corriger leurs erreurs et d'améliorer leurs compétences dans un processus de coaching afin de les rendre capables de mettre en oeuvre des méthodes de formation active comme des études de cas, des projets d'équipe, des jeux de rôle, des jeux de simulation, etc..

 

Les jeunes réfugiés ne rêvent que d'une chose, s'établir dans leur pays, trouver un emploi ou créer une petite entreprise afin de vivre normalement et de fonder une famille. Ils sont avides d'apprendre et désireux de rester dans leur pays pour participer à son développement.

Les européens qui vivent actuellement une crise d'hystérie collective sur le thème de l'immigration et des réfugiés devraient s'intéresser un peu plus aux causes profondes de l'immigration (dont ils ne reçoivent qu'une partie infime) et mobiliser plus d'énergie et de ressources pour aider les pays africains en difficulté. La crise migratoire n'est que le reflet de l'égoïsme des pays européens qui refusent depuis de nombreuses années d'augmenter l'aide à la coopération pour aider les pays africains à sortir du marasme. Le seul remède c'est la sécurisation et le développement des pays africains. 

 

Dominique Bénard

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